Mardi 22 mai 2007
Le vignoble bourguignon





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                                          Le vignoble à Auxey-Duresses                                                                                            Les Caves Patriarche à Beaune

La Bourguignonne

1. C'est dans une vigne
Que j'ai vu le jour;
Ma mère était digne
De tout mon amour.
Depuis ma naissance
Elle m'a nourri,
En reconnaissance
Mon coeur la chérit.


3. Madère et champagne
Approchez un peu!
Et vous, vins d'Espagne
Malgré tous vos feux.
Amis de l'ivrogne
Réclamez vos droits;
Devant la Bourgogne,
Saluez trois fois!

Joyeux enfant de la Bourgogne
Je n'ai jamais eu de guignon,
Quand je vois rougir ma trogne
Je suis fier d'être Bourguignon!





5. Je veux qu'on enterre,
Quand je serai mort,
Près de moi un verre
Empli jusqu'au bord.
J' veux êtr' dans ma cave
Tout près de mon vin,
Dans un' pose grave
Le nez sous l' robin.

2. Toujours la bouteille
A côté de moi,
Buvant sous la treille,
Plus heureux qu'un roi.
Jamais je n' m'embrouille
Car chaque matin,
Je me débarbouille
Dans un verr' de vin.


4. Ma femme est aimable
Et sur ses appas;
Quand je sors de table
Je ne m'endors pas.
Je lui dis "Mignonne,
Je plains ton destin".
Mais ma Bourguignonne
Jamais ne s'en plaint.

 

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L'âme du vin

Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles:                          Entends-tu retentir les refrains des dimanches
«Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,                                    Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant?
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,                                 Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Un chant plein de lumière et de fraternité!                                           Tu me glorifieras et tu seras content;

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,                                   J'allumerai les yeux de ta femme ravie;
De peine, de sueur et de soleil cuisant                                                A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme;                                Et serai pour le frêle athlète de la vie
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,                                           L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe                                 En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,                                 Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe                                         Pour que de notre amour naisse la poésie
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.                    Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!»

                                                                                                                                                              Charles Baudelaire, 1843


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Par christophe denis
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